Textes

Samedi 10 mars 2007
Dans quelques semaines, il vous faudra voter. J'aimerai à cette occasion vous remémorer ces vers de Victor Hugo, issus du recueil "Les châtiments". Demandez-vous, chers somnambules, si un Nicolas le petit qui s'érige une grande âme, est apte à tous nous gouverner. Et si l'urne n'est pas chargée, d'autres armes n'attendent qu'une main pour se laisser prendre et faire feu. C'est à vous d'entreprendre, et à vous de faire face.

A ceux qui dorment

 

Réveillez-vous, assez de honte !
Bravez boulets et biscayens.
Il est temps qu'enfin le flot monte,
Assez de honte, citoyens !
Troussez les manches de la blouse ;
Les hommes de quatre-vingt-douze
Affrontaient vingt rois combattants.
Brisez vos fers, forcez vos geôles !
Quoi ! vous avez peur de ces drôles
Vos pères bravaient les Titans !


Levez-vous ! foudroyez et la horde et le maître !
Vous avez Dieu pour vous et contre vous le prêtre ;
Dieu seul est souverain.
Devant lui nul n'est fort et tous sont périssables.
Il chasse comme un chien le grand tigre des sables
Et le dragon marin ;
Rien qu'en soufflant dessus, comme un oiseau d'un arbre,
Il peut faire envoler de leur temple de marbre
Les idoles d'airain.


Vous n'êtes pas armés ? qu'importe !
Prends ta fourche, prends ton marteau !
Arrache le gond de ta porte,
Emplis de pierres ton manteau !
Et poussez le cri d'espérance !
Redevenez la grande France !
Redevenez le grand Paris !
Délivrez, frémissant de rage,
Votre pays de l'esclavage,
Votre mémoire du mépris !


Quoi ! faut-il vous citer les royalistes même ?
On était grand aux jours de la lutte suprême !
Alors, que voyait-on ?
La bravoure, ajoutant à l'homme une coudée,
Etait dans les deux camps. N'est-il pas vrai, Vendée,
Ô dur pays breton ?
Pour vaincre un bastion, pour rompre une muraille,
Pour prendre cent canons vomissant la mitraille,
Il suffit d'un bâton !


Si dans ce cloaque on demeure,
Si cela dure encore un jour,
Si cela dure encore une heure,
Je brise clairon et tambour.
Je flétris ces pusillanimes ;
Ô vieux peuple des jours sublimes,
Géants à qui nous les mêlions,
Je les laisse trembler leurs fièvres,
Et je déclare que ces lièvres
Ne sont pas vos fils, ô lions !

Victor Hugo

par Arakiri publié dans : Anthologie

Inscription

Inscription à la newsletter

L'auteur

Merci de votre visite !

Vous pouvez vous inscrire ci-dessus à la newsletter pour rester informé des mises à jour du site. L'inscription est anonyme et vous pouvez à tout moment vous désinscrire.

Vous pouvez également laisser une trace de votre passage dans le livre d'or. Votre soutien m'encourage énormément.
Bon voyage...
Naviguer en musique

M.D. Arakiri
contact@poesie-de-nuit.com

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus