Les mots sont en moi comme des cris que l’on pousse. Crier ne soigne pas, mais apaise cependant la douleur. Rien ne
sert de s’époumoner après autrui, les cris sincères sont égoïstes et solitaires. Laissez-moi hurler. Votre morphine d’amitié et vos pansements alcoolisés ne sont que des secours à la bonne
conscience. La folie ne cicatrise jamais. C’est une plaie qui reste ouverte, mais ne saigne pas. Une porte de sortie, issue de secours des cris enfermés en nous-mêmes. Je suis FOU !
Laissez-moi hurler, dans mon délire incompréhensible, j’y ai mes codes et mes langages, j’y suis souverain et asservi : je m’invente même un « moi » lucide ! Laissez-moi
hurler, n’y cherchez pas de sens, c’est une peine perdue…
par Arakiri
publié dans :
Textes en prose



