Textes

Jeudi 26 janvier 2006

[Édit : Pourquoi ces parenthèses ? Parce que je ne pense pas réellement croire en tout ça...]

 

 

 

« L'Autre »

 

( je ne prétends pas tout savoir ou avoir pu tout comprendre grâce à mes réflexions personnelles sur la vie. Je ne prétends pas non plus ne plus rien avoir à apprendre. Je prétends que nul ne pourra me convaincre ; quels que soit, et aussi justes soit s'ils, ces arguments pour me faire changer d'avis. Car quand bien même je pourrais à l'aide d'un(e) autre alléger le poids que chacun doit porter il me semble, poids qui me paraît aujourd'hui impossible à traîner de jour en jour par la seule force d'épuisement qui m'anime.

 

Quand bien même je trouverai cette personne qui voudrait m'aider : un ami, une petite amie... quel que soit la force avec laquelle cette personne tiendra à moi, il/elle restera un individu, dont le propre est d'être éphémère. Un individu et un autre ne peuvent pas former quoi que se soi d'éternel à deux : l'éternel ne peut être atteins que dans la Solitude. L'autre est comme nous appelé à disparaître. Rien ne peut l'empêcher. À quoi bon chercher l'autre en vain quand on sait que l'atteindre ne changerait rien ? Mais à quoi bon s'attacher alors ? Sur quoi planter les racines qui nous soutiennent ? Faut-il les éparpiller sur le plus d'individus possible, de façon superficielle, sans appuyer pour ne rien endommager et pour pouvoir rompre les liens avec une facilité qui n'engendrerait pas de douleur ? Faut-il les plonger autour des choses, qui elles sont immortelles : les vents, la lune, les drogues ! Faut-il pour cela se détacher de la notion d'individu et d'altérité ? De la notion de l'autre ?

 

Ne croyez-vous pas qu'il faille plutôt s'enraciner en nous-mêmes ? Enfoncer des piliers au fond de nous, qui paradoxalement nous renforcent et nous alourdissent. S'emmêler dans les constructions de l'avenir sur les ruines du passé, démolir nos avancées accomplies vers l'extérieur de notre être, et ruinant le futur, réhabiliter en nous les souvenirs ? Des fondations en souvenirs qu'alourdissent une bâtisse de questions. Mais cette invraisemblable construction n'aura plus à supporter le poids des douleurs éphémères. Elle sera infinie. Si elle s'effondrer, nous nous effondrerons ensembles. Si nous chutons, elle viendra avec et ne se brisera pas. Elle sera plus « nous » que nous ne le serons jamais. Cet ouvrage à un nom : c'est la Solitude. Et toute réflexion me ramène à elle. Plutôt que de maudire celui qui en premier m'a appris que Dieu n'existait pas, plutôt que de haïr celle que j'aimai, la première, ne dois-je pas les remercier de m'avoir fait comprendre que rien qui soi extérieur à nous même ne soit assez fort, assez stable pour nous porter ? Rien d'autre que cette immense construction intérieure que chacun voulant survivre doit accomplir. Tout revient à la Solitude.

 

Est-elle vraiment accessible à l'individu lambda, quiconque la cherche peut-il l'atteindre et si oui comment le peut-il ? N'est-elle pas simplement le rêve d'une raison qui n'a pas lieu d'être ? Est-elle vraiment celle qui rend l'homme, étrangement, moins seul face à sa vie ? Est-elle finalement à ranger à côté de l'amitié, de l'amour, de Dieu et de la sagesse dans le tiroir des illusions déjà usées ? Comment savoir une fois l'édifice accompli en nous, s’il ne se dressera pas contre nous ? Et s’il était celui qui nous conduira à notre perte, serait-ce défaite ou victoire ? Il est impossible de répondre à ces questions sans avoir pu l'effleurer de l'âme.

 

Si tel était le cas, l'homme n'aurait plus besoin de se chercher ailleurs qu'en lui-même, qu'au plus profond de son coeur, de ces souvenirs. Quand la société atteindra-t-elle enfin cet état d'autosuffisance humaine, d'immortalité ? Suis je fou ? Qui pourrait me le dire à l'heure actuelle ? Mes mots sur le papier me semblent si justes ; sont-ils tant déraisonnables que je suis seul à pouvoir les comprendre ? Et que penserez-vous de moi, qui n'en aurais plus rien à faire de vos avis une fois atteints la solution et la réponse à toutes mes questions ?

 

Combien pensent comme moi ? Suis je vraiment fou ? J'aimerai le savoir, je pars chercher cette réponse au fond de moi même, sans espoir d'y trouver autre chose que de nouvelles questions, de nouvelles douleurs pour de nouvelles insomnies. )

par Arakiri publié dans : Textes en prose

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